Décembre 1998/4

N°168 - Une loi pour l’espoir

Mis à jour le lundi 11 avril 2011.

Une loi pour l’espoir

Auteure : Alwine Antoinette de Vos van Steenwijk, présidente du mouvement international ATD Quart Monde

En ces temps de commémoration de la Déclaration universelle des droits de l’homme, les regards semblent encore peu fixés sur la loi d’orientation relative à la lutte contre les exclusions, votée en France le 9 juillet dernier. Même si elle ne porte pas le nom qu’elle mériterait et que le père Joseph avait demandé « contre la pauvreté et pour les droits de l’homme », elle tente quand même de traduire dans les faits cette globalité des droits que les Etats proclamaient en 1948. Cela d’autant plus qu’elle a été préparée par une concertation politique, syndicale, associative, et même religieuse, que nous n’avions connue qu’une seule fois auparavant lors de la rédaction du rapport Wresinski au Conseil économique et social français, en 1986 et 1987. L’indivisibilité des hommes autour de l’indivisibilité de l’homme et de sa dignité !

Bien sûr, cette loi n’est pas parfaite. Bien sûr, nous devons rester indivisibles autour de son application et aussi de son perfectionnement. Mais elle nous dit comment un long cheminement éthique, philosophique, spirituel peut (comme il se doit) déboucher dans le champ proprement politique de manière à changer très concrètement la vie des personnes et familles qui sont la Nation. Un nouveau chantier est ouvert à tous les citoyens, à commencer par les plus pauvres, où se bâtit dans les faits la société de demain. Une fois de plus, la France est en avance, mais s’en rend-elle seulement compte ?

Allons-nous, tous, nous adresser à ceux qui organisent les conférences, les colloques, les festivités du 50’ anniversaire de la Déclaration de 1948 pour leur demander d’y mettre en lumière ce signe d’espoir dans un monde gavé plus que jamais auparavant, de manière irresponsable, d’incitations à désespérer ?

(Revue Quart Monde n°168, 1998/4)