Patricia et Claude HEYBERGER

La rencontre avec les familles : un espace pour inventer ensemble
Article extrait du dossier n°189 « La rue n’a pas d’enfants ! » février 2004.

Mis à jour le samedi 18 février 2006.

Les auteurs : Volontaires d’ATD Quart Monde depuis plus de trente ans, Claude Heyberger et sa femme Patricia ont exercé diverses responsabilités en France et au Luxembourg. Depuis 1994, ils sont avec leurs enfants à Ouagadougou (Burkina Faso) et y poursuivent l’action engagée par les volontaires depuis 1981.

« Il n’y a pas de rencontre entre celui qui sait et celui qui ignore, entre celui qui croit savoir et celui qui pense qu’il ignore, entre celui qui a et celui qui demande, entre celui qui a tort et celui qui a raison... » La rencontre avec Adama, Joseph, Inoussa, Issa... et leur famille encourage chacun à pouvoir poser des gestes pour le bien de ceux qui l’entourent et redonner sens à sa vie.

Arrivés à Ouagadougou, à la suite des équipes précédentes, Patricia et moi avons rencontré des enfants qui vivaient dans la rue, sans présager du chemin à faire avec chacun d’eux. Nous savions seulement qu’ils ne venaient pas de la rue mais d’une famille, aussi fragilisée soit-elle. Ces enfants nous ont permis de rencontrer leur famille et d’apprendre à vivre cette rencontre, à mesurer son urgente nécessité et son enjeu.

Des enfants en souci de leur famille.

Qu’est-ce qui provoque un enfant à faire le pas de nous parler de sa famille ou à décider d’y repartir vivre ? Pour répondre à cette question, il faut franchir avec lui les étapes de la rencontre : créer une confiance, déceler et valoriser la part d’éducation reçue en famille, découvrir et lever les craintes qui l’en éloignent, être l’interlocuteur du souci que l’enfant porte de sa famille et pouvoir donner suite à ses gestes pour nous la faire connaître et rejoindre.

De nombreux enfants nous ont révélé qu’ils continuent de se situer par rapport à leur famille. Par exemple, ils ne peuvent supporter que celle-ci soit l’objet de moqueries (la cause la plus courante des conflits entre eux). Ils nous cachent aussi longtemps leur identité pour préserver la réputation de leur famille. Ils essayent d’honorer leurs devoirs familiaux. Ainsi Adama, désappointé d’avoir découvert au réveil que c’était le jour de la fête de la Tabaski (Aïd-el-Kébir) : il venait nous supplier de l’aider à trouver des vêtements corrects pour rendre quand même visite à sa famille dans la journée.

Même si un différend les oppose à leurs parents, les enfants portent souvent dans leur cœur une personne de leur entourage familial, à qui ils se réfèrent. Il y a donc pratiquement toujours un support qui permet de commencer un renouement.

D’une manière générale, l’enfant franchit un pas quand nous sommes devenus interlocuteurs de son insatisfaction à vivre hors communauté et qu’il devine en nous une chance pour y remédier.

Les espaces où nous rencontrons les enfants et où ils se rencontrent entre eux (bibliothèques de rue, ateliers à la Cour aux cent métiers (Voir La Cour aux cent métiers, Michel Aussédat, Ed. Quart Monde, 1996), travaux de réflexion, de création, Journée mondiale du refus de la misère...) ont été propices à faire s’exprimer cette insatisfaction à vivre hors de la communauté.

Joseph dit : « Les bibliothèques sous les lampadaires m’ont conseillé de repartir en famille. » Cela ne signifie pas que les animateurs lui parlaient de ce retour. Mais au travers des histoires et des livres choisis pour les animations, il a trouvé écho à cette idée qui cheminait en lui.

En 1998, des jeunes vivant tous depuis plusieurs années dans la rue avaient mené une réflexion sur les droits de l’homme et sur leur manière d’y contribuer. Voici un extrait du message qu’ils ont exprimé publiquement le 17 octobre : « Nos parents nous ont appris beaucoup de choses, on ne peut pas toutes les dire. Ils nous ont appris à travailler pour être des hommes... Les droits de l’homme, c’est tout ce qui peut amener l’homme à être responsable, créer quelque chose qui va aider ses parents et ses frères. Par exemple, conseiller à un enfant de retourner chez ses parents au village, c’est cela les droits de l’homme. Les droits de l’homme, c’est le respect des parents. »

Premiers pas vers les familles.

Les enfants ont besoin d’être sûrs que pour nous une relation avec la famille n’est pas synonyme de retour en famille, car peu d’entre eux y sont prêts d’emblée. C’est pourquoi dans un premier temps nous proposons simplement aux enfants de nous permettre d’aller connaître leur famille, même sans eux, pour la saluer par amitié. Grâce aux nouvelles que nous leur transmettons, ils finissent le plus souvent par s’y rendre ensuite eux-mêmes.

Inoussa, qui avait quitté sa famille au village depuis plus de deux ans, n’arrivait pas à se décider à y retourner, bien que son papa se soit déplacé en ville pour le retrouver. Il fallut entreprendre un patient chemin de renouement en le familiarisant d’abord avec un frère installé en ville. Ainsi finit-il par accepter d’aller « en visite » au village avec la femme de son frère, à l’occasion d’une fête religieuse. Il y fut bien reçu et sans doute cela a-t-il contribué au fait qu’il se soit décidé à y retourner pour la saison des cultures suivante.

L’enfant s’inquiète aussi de la manière dont on parlera de lui dans sa famille. Nous avons découvert après coup que Inoussa, peu avant de nous parler des siens, avait accompagné un camarade en famille. Il y avait découvert que les parents que nous avions visités plusieurs fois nous appréciaient.

L’enfant a également peur de devoir s’expliquer en famille sur sa vie en ville. Le fait d’avoir participé à des ateliers à la Cour aux cent métiers, de pouvoir dire qu’il a « travaillé » depuis qu’il a quitté la famille, d’avoir des photos le prouvant, contribue à lever ces peurs.

Enfin, l’enfant a besoin de voir que nous allons vraiment rencontrer sa famille. Il peut prendre confiance en étant témoin que nous tenons nos promesses.

Des parents inquiets et surpris.

Notre première rencontre avec les familles provoque surtout perplexité et crainte, longues à dissiper : l’enfant n’a-t-il pas fait quelque chose de grave en ville ? Venir de loin, jusqu’au fond des campagnes, à nos frais, sans aucun pouvoir, les honorer d’une visite au nom de l’adage africain qui veut « qu’on ne connaît pas un ami sans connaître sa famille » est en décalage avec la conduite de leur enfant, et cela les interroge.

A la deuxième visite que nous avons faite au papa de Talato, il nous a dit : « Vous venez de Ouagadougou pour me voir alors qu’il y a des gens plus importants que moi dans ce village ! »

Malgré cette difficulté durable à nous situer, la joie ou l’honneur de recevoir crée une relation.

Certaines familles nous assaillent des reproches qu’ils ont à l’encontre de leur enfant. Cela n’est pas forcément l’expression d’un rejet de l’enfant mais une réaction d’honneur : leur enfant fait des bêtises mais ils ont essayé de réagir, de l’éduquer et son inconduite n’est pas de leur responsabilité.

Une ambiguïté apparaît alors très souvent au moment où nous abordons la question du devenir des enfants : pour de nombreux parents, la chose est évidente : « Il peut aussi rester avec vous, s’il veut ! ». Il faut comprendre qu’il est difficile pour une famille modeste, voire très pauvre, d’imaginer qu’un organisme, une association ou un service social du pays n’a pas mieux à proposer pour leur enfant que le peu dont ils disposent. Pour notre part, sachant la difficulté des enfants à s’intégrer dans les structures d’apprentissage formelles, nous nous trouvons dans l’obligation de rechercher des solutions familiales. C’est pourquoi, quel que soit le discours des familles, nous continuons les visites.

Nous avons alors constaté que s’il y avait un temps où la famille semblait se « décharger », nous étions presque systématiquement témoin d’un renversement dans la manière de réagir des mêmes parents. Mais il nous a fallu, pour le voir, rendre visite aux familles régulièrement et pendant assez longtemps.

Inoussa, qui s’était finalement décidé à rentrer au village pour la saison des cultures, est revenu en ville avant les récoltes. Nous avons découvert avec stupeur que son oncle lui avait payé le transport ! Le père, visité peu après, a confirmé qu’il était bien que son fils aille apprendre quelque chose en ville pour pouvoir aider sa famille, puisque d’autres le font aussi : « Personne au village ne vit sans que quelqu’un qui est ailleurs ne lui envoie quelque chose ». C’était un peu étonnant, puisqu’il connaissait l’immaturité de Inoussa.

Pourtant, l’année suivante, il changea de position : Inoussa était de nouveau revenu chez lui pour la saison des cultures, mais il parlait de repartir, pour aller faire du commerce dans une ville voisine réputée pour son activité commerciale et surtout ses trafics ! Le papa affirma qu’il était mieux pour Inoussa de rester en famille et qu’il pouvait trouver une activité au village. Il s’impliqua alors pour lui faire commencer de l’élevage.

A la découverte d’une communauté.

Rencontrer la famille d’un enfant n’a jamais pu se limiter à connaître son père et sa mère. Nous avons rendu visite à la famille d’Issa pendant plusieurs années, dans la cour de son papa, et Issa y a fait plusieurs séjours. Mais c’est pendant ces deux dernières années que nous avons compris qu’il était lié et protégé surtout par sa grand-mère maternelle, dans le village voisin, et affectionnait particulièrement sa mère, qui vit dans une autre région.

Lors des visites, nous approchons tout un milieu familial, dans ses diverses générations et son voisinage. Sans cet effort de rencontrer les membres des familles largement, sans idées préconçues, dans la durée et la régularité, nous ne trouverions jamais de point d’appui. Car même si dans le système traditionnel le responsable de l’éducation d’un enfant est clairement identifié, cela ne présage pas systématiquement, dans le contexte actuel, de qui exerce vraiment la responsabilité, ni de la personne à qui l’enfant se sent lié.

Un moyen simple pour exprimer aux familles que nous ne venons pas « régler des affaires » ou « résoudre un problème » fut d’apporter un livre illustré, soit conte, soit documentaire, et de le présenter à tous, comme lors des bibliothèques sous les lampadaires avec les enfants en ville. Ainsi s’ouvre avec les nombreux autres enfants présents, la famille et le voisinage, une relation plus cordiale. Des parents donnent leur avis ou une morale à l’histoire. Certains thèmes de livres les incitent à parler de la vie du village dans leur jeunesse et nous font découvrir des connaissances ou des centres d’intérêts particuliers du milieu. Comprendre leurs activités, qui fait quoi, visiter les sites (travail de la poterie chez Mouni, les bœufs d’un oncle, aller voir les familles dans les champs, joindre le geste à la parole...), saluer dans le voisinage à l’occasion d’un décès ou d’une fête... autant d’éléments pour rester ouvert aux préoccupations et à l’expression de tous, et pour ne pas privilégier l’enfant qu’on a connu en ville par rapport à ses frères et sœurs restés au village.

Le « savoir être » dans la communauté.

Le discours dominant des enfants est : « Je suis venu en ville pour chercher de l’argent, du travail ». Ils ont l’espoir de gagner de quoi de rentrer chez eux avec quelque chose pour eux- mêmes, ou pour se lancer dans un petit commerce au village ou pour aider leur famille. C’est pourquoi la majorité des actions de réinsertion en faveur des enfants vivant dans la rue leur proposent de se stabiliser dans un lieu de vie, d’y suivre un apprentissage et enfin, si possible, de retourner exercer cette activité dans le milieu familial. Il y a des enfants qui profitent de cette chance et aboutissent à une activité qui les stabilise, les fait vivre et parfois soutient leur famille. Mais ce chemin ne correspond pas à tous les enfants car nombreux sont ceux qui, trop fragilisés, ne s’adaptent dans aucun centre ou lieu d’apprentissage.

L’exemple de Joseph apporte un certain éclairage : le sachant en ville, son père insistait pour qu’il s’inscrive dans un apprentissage mais Joseph ne bougeait pas. L’année suivante, son père lui demanda de venir l’aider à cultiver et il accepta d’y aller !

Sa stabilisation en famille ne s’est pas faite en une fois, (car comme le constatent tous les intervenants, le retour de l’enfant en famille nécessite un temps de ré-apprivoisement réciproque). Mais il a tenu cahin-caha trois ans en famille.

Maintenant, Joseph exprime son projet d’améliorer la culture, de trouver une activité commerciale en complément parce qu’il sait aujourd’hui ce qui se fait et ne se fait pas au village. Il a exprimé à la session d’étude de juin 2003 (cette session avait pour thème : « S’unir à la famille de l’enfant qui vit dans la rue ») son souci, en tant que jeune d’être le relais de certaines pratiques coutumières :

« Au village, on voit beaucoup de choses de la vraie vie.

Il y a plusieurs choses qui se font dans la famille et si tu n’es pas là, tu ne peux pas les connaître.

Il y a des choses qui se passent en famille et dans la coutume, que seuls les enfants peuvent faire. Et s’il n’y a pas d’enfants, c’est difficile. C’est nous qui allons prendre la relève, donc nous sommes obligés d’apprendre...

Au village, il y a mes parents, mes frères et je suis content de les voir. Les conseils de mes parents m’aident. Ils me disent tout le temps de ne plus retourner en ville, de rester au sein de sa famille, que je peux les aider aux travaux familiaux. Le fait de travailler avec la famille, ça leur permet de changer de regard sur moi, ils me disent que c’est bien, que j’ai changé. »

Plus qu’avoir un métier pour vivre, Joseph a le souci d’être de son milieu.

Alors, est-il plus important de savoir appartenir à une communauté qui vous donnera en retour des clés, des savoirs, une place pour pouvoir y vivre, y mener des activités, y réaliser des projets et des améliorations, ou d’apprendre un métier pour gagner de l’argent ?

L’un n’empêche pas l’autre mais, dans le contexte burkinabé, le métier sans le « savoir être » dans la communauté ne mène pas loin. Or, l’apprentissage de la vie avec la communauté ne peut, comme celui d’un métier, se faire à l’extérieur.

Nous avons constaté que pour les enfants les plus fragilisés dans leur personnalité, ce rapport à la famille et à la communauté est déterminant.

C’est pourquoi il n’y a pas modèle de réussite qui nous conduirait à considérer comme un échec certains chemins. Il n’y a pas d’un côté, des paysans ou des fabricants de briques en banco (boue séchée) et de l’autre, des métiers de demain. Les deux ne peuvent s’exercer que dans un contexte humain équilibré.

Le mûrissement de l’avenir.

Il a fallu quatre ans de rencontres avec la famille d’Inoussa, d’hésitations paternelles, de retours et de départs de l’enfant pour que le papa affirme un jour haut et fort que la place de son fils était en famille, au village et qu’il pourrait y mener une activité d’élevage. Après ces quatre ans de rencontres régulières nous avons renforcé le choix de ce papa par l’achat d’un mouton.

Pour Mouni, trouver une activité en famille n’a pas été facile. En effet, il a les mains atrophiées, ce qui ne lui permet pas de s’intégrer à l’artisanat familial : la poterie. Tout étant discuté devant un grand nombre de personnes, les remarques des uns et des autres ont permis de trouver une piste. Un oncle avait remarqué que Mouni aidait souvent les enfants à abreuver les bêtes au bord du puits, et l’idée qui en découla fut qu’il était sans doute capable de s’essayer à l’élevage. Mouni exprima alors le souhait d’avoir un bœuf, mais son prix dépasse la somme que nous voulons engager pour chaque enfant. Il fallait veiller aussi à ne pas le privilégier par rapport à ses frères restés au village.

Un des vieux parents, toujours présent, a laissé entendre que l’on peut commencer petit, même avec des volailles, pour avoir un jour un bœuf ! Le grand-père ajoutait que s’il ne survient pas de maladie, au village tout finit par produire. Nous avons laissé à un oncle ayant lui-même un troupeau, de l’argent pour une chèvre. A la visite suivante, celui-ci nous informa avoir négocié la chèvre de telle sorte qu’il restait de l’argent : il demandait ce qu’il fallait en faire. Nous avons complété la somme pour l’achat d’un mouton. C’est donc sous le parrainage de cet oncle que Mouni est maintenant responsable de quelques animaux. L’an dernier, un différend est apparu entre Mouni et son oncle. En effet, Mouni est toujours instable et continue des allers-retours entre le village et Ouagadougou, mais le souci de son bétail le ramène toujours en famille. Or, cette fois, il avait décidé de vendre ses animaux pour empocher l’argent. L’oncle s’interposa, bien que Mouni prétendit que ce bétail était le sien : l’oncle avait lui-même procédé à l’achat et avait garanti la survie des animaux lors des absences de Mouni, il en était donc lui aussi responsable. Il avait compris que plus qu’un bien en tant que tel, ce bétail était le projet sans lequel rien ne retiendrait Mouni en famille. Y avoir été impliqué dès le départ, à sa juste place, lui a donné la force de ne pas s’en désintéresser au moment difficile et garantit un avenir au but fixé par Mouni, quelles que soient les faiblesses de ce dernier.

Il faut parfois laisser du temps aux familles avant qu’elles n’osent proposer leurs propres forces ou activités pour leur enfant et donner leur contribution. Nos gestes de soutien ne sont pas de grande portée économique mais ils veulent emboîter le pas au milieu familial et contribuer à sa cohésion.

Cependant, certaines familles ont été capables d’emblée de suggérer une idée d’activité pour leur enfant, s’il devait réintégrer la famille, sans même solliciter de soutien.

Nous avons aussi pu constater l’émulation provoquée par le partage avec les familles de leurs expériences mutuelles. Pour établir un courant entre elles, nous avons confectionné en 1999, un album avec les photos des familles visitées dans le pays et l’avons présenté à toutes celles-ci. Toutes ont manifesté une grande attention aux éléments de récit que nous pouvions donner au sujet des jeunes retournés chez eux. Par la suite, des parents ont parfois participé à des rencontres de familles à la Cour aux cent métiers. Plusieurs ont préparé la session d’étude de juin 2003 et y ont participé (voir ci-dessus).

Une valorisation réciproque.

Il n’y a pas de rencontre entre celui qui sait et celui qui ignore, entre celui qui croit savoir et celui qui pense qu’il ignore, entre celui qui a et celui qui demande, entre celui qui a tort et celui qui a raison...

La rencontre n’est pas une démarche initiale, elle est la condition permanente d’une relation patiente dans laquelle personne n’impose rien à personne : chacun peut exister dans son savoir, son expérience, sa pensée, sa fierté. Elle est réciproquement valorisante. Elle doit encourager chacun à être en mesure de poser des gestes pour le bien de ceux qui l’entourent et ainsi contribuer à redonner sens à sa vie.

L’enjeu de la rencontre nous paraît aujourd’hui très clair.

Elle nous aidera à découvrir des familles dans leur complexité, leurs limites, mais aussi leurs potentialités. On ne peut jamais aller très loin en partant de l’idée qu’un homme n’a pas, ne sait pas ou ne veut pas.

Elle est un espace pour inventer ensemble comment agir. Cela ne demande pas de changer ni le nombre, ni le volume des projets, mais d’apprendre une priorité, une manière d’être à ceux qui les réalisent.

Atteindre les plus pauvres, c’est ne jamais faire l’impasse de cette étape de la valorisation réciproque, sans laquelle le plus pauvre ne peut exister ni pour lui-même, ni pour les autres, ni donc participer.


Pour accéder aux archives en ligne de la revue Quart Monde.